L’explosion de la plate-forme pétrochimique avait fait deux morts et six blessés à Carling (Moselle) en 2009. Sept ans après les faits, Total Petrochemicals, la filiale de produits chimiques du groupe pétrolier français, a été condamné lundi 13 juin à 200 000 euros d’amende par le tribunal correctionnel de Sarreguemines, pour l’explosion d’un vapocraqueur.

Claude Lebeau, qui était directeur de l’usine à l’époque des faits, est condamné à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende.

Tout en reconnaissant que « l’irrespect » des procédures par les ouvriers était « la cause directe de l’explosion », le tribunal a estimé qu’elle trouvait sa raison « première » dans le fait que la direction du site, depuis de nombreuses années, avait délibérément mis hors circuit un dispositif de sécurité.

Négligences

L’accident était survenu le 15 juillet, alors que les ouvriers tentaient de rallumer un surchauffeur, un four à gaz qui augmente la température de la vapeur utilisée pour craquer le naphta, dérivé pétrolier à partir duquel sont produits l’éthylène et le propylène.

A l’issue du procès, le 4 mars, le procureur Olivier Glady avait dénoncé les négligences ayant, selon lui, conduit à l’accident. Le magistrat avait dénoncé la désactivation d’un détecteur de flammes, un équipement de sécurité au comportement jugé trop aléatoire, mais également des consignes peu précises, le choix d’opérateurs inexpérimentés pour procéder au rallumage et la vétusté de l’installation.

Les avocats de la défense avaient au contraire plaidé la relaxe en attribuant l’accident au non-respect des consignes de sécurité par les deux victimes.