Nouveau né à la maternité de Brooklyn (New York) en 2011. | LUCA JACKSON/ REUTERS

En 2015, l’espérance de vie des Américains a reculé, affirme un rapport des autorités sanitaires publié jeudi 8 décembre. Il s’agit de la première baisse en vingt-deux ans. Ainsi, un enfant né en 2015 aux Etats-Unis peut espérer vivre en moyenne jusqu’à 78,8 ans, une baisse de 0,1 an par rapport à 2014 (78,9) qui était un record, détaillent les statistiques des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

Ce recul est attribué à une augmentation de la mortalité résultant de la maladie d’Alzheimer (+15,7 %), mais aussi de pathologies cardiovasculaires (+0,9 %), de maladies respiratoires chroniques (+2,7 %), rénales (+1,5 %), d’accidents (+6,7 %), d’attaques cérébrales (+3 %), du diabète (+1,9 %) et des suicides (+2,3 %). En revanche, la mortalité liée au cancer a baissé l’an dernier (-1,7 %) par rapport à 2014. Le nombre de décès résultant de la grippe et de la pneumonie est resté inchangé.

Espérance de vie à 65 ans inchangée

L’espérance de vie en 2015 a été de 76,3 ans pour les hommes et de 81,2 ans pour les femmes, une diminution de respectivement 0,2 et 0,1 année par rapport à 2014. L’espérance de vie à 65 ans reste, elle, inchangée : une personne de cet âge en 2015 peut espérer vivre encore 19,4 ans en moyenne : 20,6 ans pour les femmes, 18 ans pour les hommes.

Les CDC font également part d’une toute petite hausse de la mortalité infantile – pour les bébés de moins d’un an – en 2015 avec 589,5 décès pour 100 000 naissances contre, 582,1 pour 100 000 en 2014. Cette différence est toutefois statistiquement insignifiante.

Taux de mortalité « inhabituel »

Près de 2,7 millions de décès ont été enregistrés en 2015 aux Etats-Unis, soit 86 000 de plus que l’année précédente. Le taux de mortalité de la population américaine a donc augmenté de 1,2 %, ce qui représente le premier accroissement depuis 1999, relèvent les auteurs de ce rapport.

« C’est inhabituel », a pointé le Dr Jiaquan Xu, épidémiologiste aux CDC, principal auteur de cette étude. Il faut remonter à 1993 pour retrouver un recul de l’espérance de vie. Le taux de mortalité avait alors atteint un record dans le pays avec la crise du sida combinée à une importante épidémie de grippe.

Alcool, drogue et suicide

Les gains de longévité enregistrés durant des décennies depuis la Seconde guerre mondiale ont surtout résulté des avancées médicales, d’une amélioration de l’hygiène, de la nutrition et de l’éducation ainsi que de politiques de santé publique comme la lutte contre le tabagisme.

Selon une étude parue fin 2015, menée par l’Américain Angus Deaton, prix Nobel d’économie, la mortalité chez les Américains blancs d’âge moyen, qui était en déclin depuis 1978, a recommencé à augmenter depuis quinze ans en raison des abus d’alcool, de drogue et des suicides, surtout chez les populations défavorisées.

Au classement de la longévité de la Banque Mondiale en 2014, les Etats-Unis étaient derrière près de 40 pays. Le Japon était en tête avec une espérance de vie de 84 ans, devant la Suisse (83 ans), la France, la Suède et le Canada (82 ans) ou encore le Chili (81 ans).