John Berger et sa fille Katya lors d’une répétition de la pièce « Est-ce que tu dors ? » à Avignon en 2012. | ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

L’écrivain britannique John Berger, qui fit sensation en partageant avec les Black Panthers la dotation du Man Booker Prize qu’il reçut en 1972, est mort à l’âge de 90 ans près de Paris, a annoncé son fils mardi 3 janvier.

Cet artiste prolifique, né à Londres en novembre 1926, auteur de nombreux livres et pièces de théâtre mais aussi poète, peintre et scénariste, publie en 1958 son premier roman, Un peintre de notre temps. En 1972, il est lauréat du Man Booker Prize, le plus prestigieux des prix littéraires de langue anglaise, pour son roman G., l’histoire du fils bâtard d’une aristocrate anglaise et d’un négociant italien. Il fait alors sensation en offrant la moitié de la dotation de ce prix au mouvement des Black Panthers, fidèle à ses convictions d’intellectuel engagé, pourfendeur du capitalisme et défenseur des « sous-classes ».

Hommage de Jeremy Corbyn

« Il n’y a pas un texte de John qui ne soit pas imprégné d’un regard politique », a expliqué son fils, Jacob Berger. « C’était un ami du sous-commandant Marcos, c’était un ami du peuple palestinien (...) qui avait une position politique extrêmement forte sans être un communiste borné et dogmatique ». Il s’était d’ailleurs installé en France pour fuir l’Angleterre « extrêmement anticommuniste » des « années 1950 et du début des années 1960 ».

« John Berger a changé la manière dont nous voyons le monde, a écrit aussi sur Twitter le leader du Parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn. C’était un défenseur du socialisme, et d’une vie plus douce et généreuse pour tout un chacun ».