ILLUSTRATION : TINO POUR « LE MONDE »

Si aujourd’hui le master est le diplôme le plus convoité de l’enseignement supérieur français, il entraîne aussi dans son sillage une nébuleuse de cursus, labels et variantes, dans laquelle les étudiants et les ­familles ont parfois bien du mal à trouver leur chemin. D’autant que coexistent la logique « européenne » du cursus LMD (licence-master-doctorat), et l’approche anglo-saxonne (bachelor-master of science-PhD), sensi­blement différente. La liste est longue des différents types de programmes proposés à bac + 5… Nous vous présentons les principaux.

Diplôme national de master (DNM)

C’est le diplôme à bac + 5 délivré par les universités, dans la logique du cursus LMD – avec ­partout les mêmes droits de ­scolarité (256 euros cette année). Ce master bénéficie d’une ­reconnaissance du ministère de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur. En quelque sorte, une chasse gardée des universités.

Le cursus, correspondant à 120 crédits européens après la ­licence, se déroule en deux ans. La formation comprend des ­enseignements théoriques, ­méthodologiques et appliqués et, si nécessaire, un ou plusieurs stages. Elle prévoit aussi une initiation à la recherche et la rédaction d’un mémoire. La maîtrise d’au moins une langue étrangère est requise.

Le master a défrayé la chronique au cours des derniers mois, avant le vote, en décembre, d’une réforme instaurant une sélection à l’entrée en première année (M1) – et non plus entre M1 et M2, comme certaines universités le pratiquaient. Reste que la mise en œuvre de cette ­réforme, assortie d’une sorte de « droit à la poursuite d’études » et donc d’une quasi-garantie d’accès à un cursus master après la licence, risque de se ­révéler délicate.

Et les grandes écoles ? Elles ­revendiquent depuis longtemps, elles aussi, l’accès au master « DNM » pour leur diplôme à bac + 5. En vain, jusqu’à présent. Les écoles habilitées par la Commission des titres d’ingénieur (CTI) ou par la Commission d’évaluation des formations et diplômes de gestion (CEFDG) obtiennent toutefois le « grade » de master – mais pas le DNM. En réalité, peu nombreux sont ceux qui perçoivent la différence…

Reste un cas particulier. « Les grandes écoles peuvent parfois accéder au DNM lorsqu’elles collaborent avec une université autour d’un programme spécifique, ce qui peut se produire dans le cadre d’une Communauté d’universités et d’établissements (Comue) », indique Stéphan Bourcieu, directeur général de Burgundy School of Business (ex-ESC Dijon). L’école supérieure de commerce a ainsi proposé sur ce modèle un cursus en « économie comportementale », qui serait « porté » par l’université de Franche-Comté – mais dont l’école serait l’opérateur.

Certaines universités proposent également des « masters » qui ne bénéficient pas de la reconnaissance au plan national – autrement dit, des « diplômes d’université » (DU). C’est notamment le cas pour certains masters de Dauphine, qui relèvent du statut de « grand établissement » et peuvent dès lors se voir appliquer des tarifs spécifiques (jusqu’à 6 050 euros).

En outre, un certain nombre d’institutions privées, profitant de la confusion, proposent des « masters » non habilités par le ministère (et qui n’ont pas davantage le « grade » master), voire des « masters européens ».

Mastères spécialisés (MS) des grandes écoles

La Conférence des grandes écoles (CGE) a lancé en 1985 des programmes de spécialisation, destinés à des diplômés de niveau bac + 4 minimum – avec quelques dérogations. Au menu, 350 heures de cours, un mémoire professionnel, des contenus ­conçus pour répondre aux ­besoins du marché de l’emploi sur un domaine de niche. En ­général, les MS accueillent de ­petits effectifs – de 10 à 30 inscrits, rarement plus. Ils peuvent être proposés à temps plein ou à temps partiel, et parfois dans les deux formats. Les frais de scolarité sont en général assez élevés – de 5 000 à 18 000 euros pour certains MS très pointus. A ­noter : le MS n’est pas un ­diplôme, mais un « label » ­déposé par la CGE, et réservé à ses membres. Certaines institutions utilisent parfois indûment le terme « mastère » seul.

Masters of Science (MSc) des grandes écoles

Proposés eux aussi par les grandes écoles, ces MSc sont destinés en priorité aux étudiants étrangers, et donc enseignés en ­anglais. Le cursus dure trois ­semestres, pour 450 heures de cours. Là encore, les frais d’inscription sont relativement élevés.

Quelques écoles de management (Edhec, ESC Rennes, ICN ancy, BSB, EM Lyon…) proposent, en 3e année, une spécialisation en anglais, sur un ou deux semestres. Les élèves obtiennent alors un double diplôme : celui de la grande école et le MSc.

MSc internationaux

Assez peu répandus, ces programmes de spécialité en deux ans sont proposés notamment par des établissements universitaires (IAE, notamment), ainsi que quelques écoles d’ingénieurs comme l’Ecole des mines de Nantes – devenue il y a peu IMT Atlantique. Conçus sur le modèle anglo-saxon et destinés aux étudiants internationaux, ces MSc bénéficient de la reconnaissance du ministère.

Master of Art (MA)

Quelques rares établissements proposent ce programme, typiquement anglo-saxon. « Il s’agit avant tout d’un approfondissement du cursus initial, qui intervient en général à la suite du ­master », indique Jérôme Rive, président de l’association des IAE.

Master of Business Administration (MBA)

On a tendance à l’oublier, mais le MBA est un diplôme très peu ­réglementé. Il s’adresse en priorité aux titulaires d’un diplôme de niveau licence, ayant acquis une expérience professionnelle significative, et désireux d’accéder à des responsabilités managériales. Le cas le plus typique est celui d’un jeune ingénieur souhaitant ­acquérir une compétence en management. Le MBA peut être décliné sous différents formats : à temps partiel, « executive » (pour cadres expérimentés, à temps partiel), « global » (avec des séminaires sur plusieurs ­continents) ou encore en ligne…

Un supplément et un salon du « Monde », pour tout savoir sur les masters, MS et MSc

Etudiants en licence ou d’ores et déjà diplômés bac + 5, retrouvez un supplément de 16 pages sur les masters de l’université, ainsi que sur les mastères spécialisés et masters of science proposés par les grandes écoles, dans Le Monde daté du 26 janvier, puis sur Le Monde.fr.

Suivra, samedi 28 janvier, le 13Salon des masters et mastères spécialisés (SAMS) organisé par Le Monde, à la Cité de la mode et du design à Paris, permettant de découvrir plus de 4 000 programmes bac + 5 et de participer à des conférences organisées par nos journalistes (entrée libre, préinscription recommandée).