Venise et sa lagune à l’occasion de la 56e édition de la Biennale d’art, en mai 2015. | GABRIEL BOUYS/AFP

Christine Macel, conservateur en chef au Musée national d’art moderne – Centre Pompidou, et première Française à diriger une biennale de Venise, a annoncé le programme international de la manifestation qui se tiendra du 13 mai au 26 novembre. A cette affiche s’ajouteront celles des 84 pavillons nationaux, qui ne relèvent pas de sa compétence, et une multitude d’événements « off ».

Le moins qu’on puisse dire est que le programme international s’annonce surprenant, et c’est tant mieux. Parmi les 120 artistes retenus, du Hollandais Bas Jan Ader (1942-1975) au Chinois Tao Zhou (né en 1976), 103 exposent sur la lagune pour la première fois. Christine Macel a aussi porté son regard hors des lieux habituels : plus du tiers des artistes choisis viennent d’Amérique Latine, du Moyen-Orient, d’Europe de l’Est ou de Russie.

« Envoyez des jeunes, envoyez des femmes »

On y trouvera, et c’est normal, des exposants de la même génération qu’elle (née en 1969) comme Kader Attia, Philippe Parreno ou Ernesto Neto. Mais aussi de grands anciens, comme Raymond Hains (1926-2005), des artistes à la carrière déjà longue, comme Sheila Hicks, Kiki Smith ou Olafur Eliasson, mais également de jeunes pousses comme le Suisse Julian Charrière, le Kosovar Petrit Halilaj, Marcos Avila-Forero, qui vit entre Paris et Bogota, ou l’Américaine Rachel Rose : tous sont nés dans les années 1980. Les plus jeunes étant sans doute les Philippins Katherine Nunez et Issay Rodriguez, nés au début de la décennie suivante.

On se remémore alors le conseil donné, il y a plus de quinze ans, par un des directeurs mythique de la Biennale, le Suisse Harald Szeemann : « Envoyez des jeunes, envoyez des femmes », et on se dit que cette édition-ci est pleine de promesses.

Le parcours, réparti entre le pavillon international dans les « giardini », et les bâtiments de l’Arsenal, s’annonce plutôt thématique, divisé en neuf chapitres. On n’ose parler de sections tant leurs titres fleurent bon les contes orientaux : « Le Pavillon des artistes et des livres », « Le Pavillon des joies et des peurs », « Le Pavillon des shamans », « Le Pavillon dionysiaque », « Le Pavillon du temps et de l’infini »… Le tout regroupé sous une bannière commune, qui sonne comme un mantra : « Viva Arte Viva ». Qui vivra verra.