Le défenseur allemand Mats Hummels durant le match de qualification au Mondial 2018 contre la République Tchèque, à Prague, le 1er septembre 2017. (AFP / ROBERT MICHAEL) / ROBERT MICHAEL / AFP

Des joueurs allemands et leur encadrement ont vivement dénoncé samedi 2 septembre le comportement d’une poignée de leurs propres supporteurs qui ont hué, vendredi, les hymnes nationaux et lancé des slogans nazis lors du match de qualification au Mondial 2018 entre la République Tchèque et l’Allemagne à Prague (1-2).

Une poignée d’Allemands dans les travées avaient d’abord perturbé les hymnes, puis une minute de silence (en mémoire de dirigeants du football tchèque), avant de scander des insultes à l’adresse de l’avant-centre allemand Timo Werner, 21 ans, conspué tous les week-ends par une partie des « ultras » allemands hostiles au RB Leipzig, l’équipe propriété de la firme Red Bull. Ils ont ensuite entonné des chants et lancé des slogans nazis.

« Nous ne toléreront jamais les slogans fascistes, racistes, insultants ou homophobes »

À la fin du match, contrairement à leur habitude, les champions du monde ne sont pas allés saluer leurs supporteurs et sont rentrés directement au vestiaire. Interrogé sur cette décision rare, Mats Hummels n’a pas mâché ses mots : « Une catastrophe, c’est vraiment moche ! », a-t-il dit. « Timo Werner a été insulté, et ensuite les fans ont commencé à crier ces saloperies. Nous nous démarquons complètement de ça, nous ne voulons rien avoir à faire avec ça », s’est-il exclamé. « Ce ne sont pas des fans, ce sont des voyous, des hooligans, qu’il faut expulser des stades », a poursuivi le défenseur central auteur du but vainqueur à la 88e minute.

Le président de la Fédération allemande (DFB) Reinhard Grindel a approuvé l’attitude des joueurs : « Nous ne toléreront jamais les slogans fascistes, racistes, insultants ou homophobes », a-t-il dit, « ensemble, l’équipe nationale, les fans et la DFB, nous devons nous opposer à ces fauteurs de troubles ».

Dialogue tendu

Selon M. Grindel, les supporteurs « contrôlés » qui avaient acheté leurs billets auprès de la DFB n’étaient pas en cause. Mais le stade n’étant pas plein, d’autres groupes avaient acheté leurs billets par d’autres biais.

Selon des journalistes allemands dans le stade, les « supporteurs » ont également conspué la DFB, engagée depuis le début de saison dans un dialogue tendu avec les associations de supporteurs pour tenter d’évincer les fauteurs de troubles et les extrémistes des stades.