Aucun pays sur près de 200 évalués n’est en voie d’atteindre l’objectif des Nations unies (ONU) d’éliminer la tuberculose en 2030, d’après une étude sur la santé mondiale publiée mercredi 13 septembre. La parution de l’étude, financée par la fondation Bill & Melinda Gates, coïncide avec la tenue de la 72e session de l’assemblée générale des Nations Unis à New York.

Moins de 5 % des pays attendraient à cette date les objectifs de réduction des suicides, des morts sur la route et d’obésité des enfants et seulement 7 % pourraient éliminer les nouvelles infections par le virus du sida (VIH), d’après cette analyse parue dans la revue The Lancet. En revanche, plus de 60 % des pays évalués pourraient atteindre les objectifs de réduction de la mortalité infantile, néonatale et maternelle et d’élimination du paludisme.

Dans l’ensemble, seulement 20 % des 37 objectifs de santé fixés dans le cadre des objectifs de développement durable de l’ONU (ODD/SDG), adoptés en 2015, sont susceptibles d’être satisfaits, selon les auteurs.

Singapour, l’Islande et la Suède, les plus proches de l’objectif

Ils relèvent une « inégalité considérable » des projections pour 2030 : les pays à revenus élevés atteindraient 38 % des buts, et ceux à faibles revenus 3 %. Sur la base des tendances enregistrées, le Kazakhstan, le Timor Oriental, l’Angola, le Nigeria et le Swaziland devraient avoir les plus grandes améliorations globales, souligne l’équipe dans un communiqué en évoquant une réduction de la mortalité infantile, un meilleur accès aux soins, à la planification familiale et à la présence de personnel qualifié à l’accouchement.

Des pays devraient perdre du terrain – compte tenu des tendances à l’obésité des enfants et de l’abus – comme le Sri Lanka, le Venezuela, la Serbie et l’Ukraine.

L’équipe dresse également un classement des pays sur la base d’un indice global de réalisation des objectifs liés à la santé. Singapour, l’Islande et la Suède apparaissent ainsi les plus performants, tandis que la Somalie, la Centrafrique et l’Afghanistan arrivent derniers du classement.

Les Etats-Unis sont au 24e rang, derrière l’Espagne (23e), vu leurs performances médiocres en matière de suicide, d’agressions sexuelles d’enfants, d’abus d’alcool et d’homicides. Les États-Unis rejoignent le Lesotho et la Centrafrique parmi les pays montrant une « amélioration minime » pour la couverture de santé universelle. Alors que d’autres comme la Chine, le Cambodge, la Turquie ou le Rwanda ont enregistré les meilleures améliorations dans les soins de santé universels entre 2000 et 2016. La France est 26e, alcool, tabagisme et suicides la tirant vers le bas.

La lutte contre la pollution de l’air prise en compte dans l’équation

Les efforts de la Chine, du Cambodge pour l’amélioration de la vie de leurs citoyens « méritent d’être reconnus » relève le Dr Christopher Murray, directeur de l’IHME, un institut de recherche de l’Université de Washington à Seattle (Etats-Unis) citant « des améliorations impressionnantes » concernant « la mortalité infantile, néonatale et maternelle, la couverture vaccinale », et la lutte contre le paludisme.

Mais vu ses performances insuffisantes contre la pollution de l’air, les accidents de la route et le tabagisme notamment, la Chine est classée 74e. L’Inde se trouve au 127e rang, pénalisée par des performances médiocres en matière de pollution de l’air, d’assainissement, d’hépatite B et de malnutrition infantile.