Il s’agit de la troisième attaque en quarante-huit heures contre des forces gouvernementales afghanes. Les talibans ont provoqué un nouveau carnage jeudi 19 octobre, tuant au moins 43 soldats dans l’attaque de leur base dans le sud, totalement soufflée par un Humvee (véhicule militaire léger) piégé.

Selon le ministère de la défense, « plus d’une soixantaine de soldats se trouvaient sur la base, 43 ont été tués, neuf blessés et six sont portés disparus ». « Dix assaillants ont été tués », a-t-il ajouté dans un communiqué. « L’attaque s’est produite ce matin à 2 h 50, heure locale (0 h 20, heure française), un groupe d’insurgés a attaqué la base de Chashmo dans le district de Maiwand », ajoute le ministère. « Nous pensons que les assaillants ont utilisé au moins un Humvee bourré d’explosifs qu’ils ont déclenché à l’entrée de la base. Nous essayons de vérifier s’il y en avait plusieurs, mais, malheureusement, il ne reste plus rien du camp. Tout a brûlé », a déclaré le porte-parole du ministère, le général Dawlat Waziri. Des renforts ont été dépêchés sur place.

Dans un message adressé à la presse les talibans ont revendiqué l’opération, affirmant « que les 60 soldats (présents) ont été tués ». Une source des services de sécurité a assuré pour sa part « qu’un seul Humvee, volé à l’armée », avait été utilisé, qui a explosé à l’entrée de la base.

« La province du pavot »

« Quand ce genre de véhicule est bourré d’explosifs un seul suffit pour créer d’énormes dégâts. La base a été soufflée, il ne reste rien malgré les murs de protection », a souligné ce responsable. Selon lui les talibans avaient à plusieurs reprises « menacé » cette base récemment. Le district de Maiwand où s’est produit l’attaque est isolé, dans une zone particulièrement exposée, à 80 km à l’ouest de Kandahar et à proximité (une vingtaine de kilomètres environ) de la limite avec le Helmand, la « province du pavot », dont les talibans contrôlent les deux tiers.

Alors que cet attentat est le troisième revendiqué par les talibans en quarante-huit heures contre les forces gouvernementales, les insurgés sont accusés d’avoir mené jeudi à l’aube un nouveau raid dans le district de Ghazni, au sud de Kaboul. « Au moins deux policiers ont été tués dans l’attaque de leur poste » dans le district d’Andar, déjà attaqué mardi, a annoncé le chef de la police provinciale. Au moins 30 personnes avaient péri, dont 25 membres des forces de l’ordre dans cette attaque il y a deux jours.

Le même jour, une opération d’envergure, conduite avec trois véhicules piégés et un commando d’au moins onze assaillants, avait duré plus de cinq heures contre un complexe de la police à Gardiz, capitale de la province de Paktiya, dans le sud-est. Le bilan officiel a été établi à plus de 60 morts et 230 blessés, civils et policiers.

La province de Paktiya et le sud-est en général, comme Kandahar et le Helmand, ont une frontière commune avec le Pakistan et sont considérées comme des places fortes des talibans et autres éléments armés en lutte contre le gouvernement central.