David Goffin, après sa victoire face à Lucas Pouille, vendredi 24 novembre au stade Pierre-Mauroy. / YVES HERMAN / REUTERS

Depuis l’annonce de l’affiche de la finale de Coupe Davis, le match de double est pressenti comme capital entre la France et la Belgique. Il le sera effectivement demain puisque les deux équipes se sont quittées sur le score de 1-1, vendredi 24 novembre au soir. Une première journée où la logique a été respectée de part et d’autre, chacun des deux numéros un – David Goffin, puis Jo-Wilfried Tsonga – ayant surclassé son adversaire, respectivement Lucas Pouille et Steve Darcis.

Dans la continuité de sa prestation au Masters de Londres la semaine passée, où il s’était notamment payé les scalps de Rafael Nafal et Roger Federer pour se hisser en finale, le 7e mondial a livré « un match parfait », selon sa victime du jour, vaincue 7-5, 6-3, 6-1 : « Il a très bien servi, il a très bien retourné, il a été très solide, il a fait cinq ou six volées quasiment parfaites… », a résumé Pouille, tout en soulignant l’avoir « rarement vu jouer à ce niveau », lui qui l’avait battu lors de leurs trois premiers face-à-face. Preuve de son invulnérabilité, Goffin n’a pas eu à sauver une seule balle de break de tout le match.

De son côté, Lucas Pouille, 18e au classement, n’a jamais réussi à enrayer la mécanique belge, sans cesse poussé à la faute par son aîné. Déjà fébrile lors de la demi-finale en septembre face à la Serbie, le régional de l’étape a réfuté le fait que sa contre-performance soit liée à un regain de stress, mise sur le seul compte de Goffin. Le Français était tellement dithyrambique sur la démonstration adverse que sa langue a malencontreusement fourché : « Il joue le meilleur tennis de sa vie, je lui souhaite que ça continue dimanche. » Pas sûr que Jo-Wilfried Tsonga, qui doit rencontrer David Goffin dimanche, formule le même vœu.

« Le saladier poussé vers la frontière »

Le numéro un français n’a pas tardé à remettre les compteurs à égalité dans le deuxième simple, après son match expéditif face à Steve Darcis (6-3, 6-2, 6-1). Tsonga n’a pas rendu une copie aussi parfaite que Goffin, boisant plus que d’ordinaire, mais il a assuré l’essentiel : la victoire. Son adversaire pointait à la 76e place mondiale, et, dans un scénario presque calqué sur le premier match, il n’a jamais réussi à faire déjouer le Français. Ce dernier a pu appliquer son schéma de prédilection : service de plomb, puis gifle en coup droit.

« Au vu de ce qu’il s’est passé sur le premier match, le plus important pour moi, c’était d’amener mon équipe à un partout. Peu importe le score, peu importe le scénario du match », a ensuite souligné le 15e mondial.

Il a d’ailleurs fallu attendre ce deuxième simple de l’après-midi pour sortir le public français de sa torpeur. A deux sets à zéro pour Tsonga, La Marseillaise a résonné pour la première fois depuis les hymnes, les 27 000 spectateurs debout, dans un joyeux capharnaüm de drapeaux bleus et rouges. Sans doute assommés par la prestation de David Goffin lors du premier simple, les supporteurs bleus ont longtemps donné l’illusion que la délégation belge était en supériorité numérique.

Jo-Wilfried Tsonga, et son capitaine, Yannick Noah, après la victoire du Français sur Steve Darcis, vendredi 24 novembre. / MICHEL SPINGLER / AP

Les Belges sont, à n’en pas douter, bien plus que le quota annoncé (le règlement de la Coupe Davis stipule que les visiteurs reçoivent 10 % des places), mais de là à gagner le match en tribunes ? Noah ne s’est dit ni surpris ni déçu : « On a l’ambiance qu’on attendait, à savoir 3 000-4 000 supporteurs belges organisés et à fond ; nous, de notre côté, 3 000-4 000 supporteurs, et puis y a 20 000 spectateurs », a-t-il cinglé. Les joueurs belges, avaient, eux, poussé leur patriotisme jusqu’à afficher un strap aux couleurs de leur pays : au genou gauche pour Goffin, au coude droit pour Darcis. « J’ai un peu poussé le saladier vers la frontière, “un peu”, parce qu’il est lourd et qu’il faut encore deux points », a ironisé David Goffin.

A la veille de cette journée cruciale, les interrogations demeurent sur la composition des deux équipes de double. Goffin sera-t-il aligné ? « Honnêtement, tout peut changer. On a beaucoup de formules différentes. Je n’ai pas usé trop d’énergie aujourd’hui. Cela nous laisse une option en plus demain », a répondu le numéro un belge, pas spécialiste de l’exercice. Même prudence et même disponibilité chez Jo-Wilfried Tsonga : « Ce qui compte, c’est d’aller chercher ce saladier, peu importe comment. S’il faut y aller, je suis prêt à y aller. » Les deux capitaines vont avoir toute la nuit pour se faire des nœuds au cerveau.