« Manhunt : Unabomber » / Netflix

LES CHOIX DE LA MATINALE

Cette semaine, on s’intéresse à l’histoire d’une vendetta à Birmingham, on revient sur la traque de « Unabomber » par le FBI et on plonge dans la noirceur des années adolescentes.

« Peaky Blinders » : la vendetta des Changretta

Peaky Blinders | Saison 4 Bande Annonce (VF)
Durée : 00:16

Après une saison 3 mal fagotée autour d’un complot russe – mais qui, à son habitude, se refermait sur un éblouissant épisode final –, les Peaky Blinders sont toujours vivants mais la corde au cou, en cette saison 4. Tout d’abord de manière littérale, puis, au terme d’un improbable retournement de situation, de façon métaphorique. Car revient d’Amérique Luca Changretta, qui entend tuer les membres de la famille des Peaky Blinders, un à un, en représailles au meurtre de son père et de son frère à Birmingham, plusieurs années auparavant. Une vendetta née de l’époque où Tommy, chef du gang des Peaky Blinders, avait mis un pied dans le trafic des courses de chevaux tenu par les Italiens et massacré la famille Changretta, mais en laissant en vie la mère et son jeune fils Luca, partis se réfugier à New York.

Tout en s’auto-citant grâce à la reprise, au ralenti, de superbes plans des Peaky Blinders marchant dans les bas-fonds de Birmingham, et même en usant jusqu’à la corde de certaines sous-intrigues, cette saison renoue avec les meilleures et superbes heures de ses débuts. Personnages, comédien (ne) s, décors, réalisation, musique, tout concourt à regretter que Peaky Blinders ne compte que six épisodes, chaque saison. Martine Delahaye

Peaky Blinders, série créée par Steven Knight. Avec Cillian Murphy, Adrian Brody, Helen McCrory, Paul Anderson, Tom Hardy (RU, 2013, 6 × 52 minutes). Sur Arte, jeudi 18 à 20 h 55 pour la saison 4 (trois épisodes à la suite), ou sur Netflix pour les quatre saisons tournées à ce jour.

« Manhunt : Unabomber », pour amateurs de « profilage »

MANHUNT: UNABOMBER Official Trailer (HD) Paul Bettany Discovery Limited Series
Durée : 02:22

Il envoyait ses bombes comme un simple colis par la poste, a réussi à déjouer tous les services du FBI pendant près de quinze ans, et n’a longtemps été dénommé que « Unabomber » (le diminutif de UN[iversity]/A[irlines] BOMB[er], ses victimes travaillant prioritairement à l’université ou dans des compagnies aériennes). En réalité, il s’appelait Ted Kaczynski et fut finalement capturé en 1996.

S’inspirant de cette histoire réelle, Manhunt : Unabomber retrace les années de recherche, de fausses pistes et de recoupements pour parvenir à identifier celui qui, grâce à ses mini-bombes artisanales mêlées au courrier, parvint à tuer et blesser une quinzaine de personnes. L’histoire de cette traque s’ouvre ici avec l’arrivée au FBI d’un débutant dans le profilage, Jim Fitzgerald (Sam Worthington), alors que les plus fins limiers se rendent fous à tenter de réduire le nombre de leurs dizaines de milliers de suspects potentiels.

On vous laisse le plaisir de découvrir comment cet agent va passer de l’hypothèse, soutenue par les pontes du FBI, que Unabomber est très probablement mécanicien dans une compagnie aérienne et peu éduqué, à celle d’un prodige des mathématiques (167 de QI) ultra-solitaire. M. De.

Manhunt : Unabomber, série créée par Andrew Sodroski, Jim Clemente, Tony Gittelson. Avec Sam Worthington, Paul Bettany, Chris Noth (EU, 2017, 8 × 42 minutes). Sur Netflix.

« The End of the F***ing World » : portrait d’adolescents à la dérive

THE END OF THE F***ING WORLD Bande Annonce VF (2018)
Durée : 02:33

Très proche par sa thématique de Born to Kill (diffusée au début du mois par Canal +), The End of the F***ing World (l’une des plus récentes séries proposées par Netflix) se distingue par son touchant portrait de deux adolescents à la dérive. Dans les deux séries, les garçons sont meurtriers ; dans les deux, ils rencontrent une camarade de classe arrivée en cours d’année scolaire ; dans les deux, il est affaire de père absent et fantasmé ; dans les deux, tout se termine au bord de l’eau de façon plus ou moins tragique. Absent dans Born to Kill, un humour doux-amer éclaire heureusement la noirceur de The End of. On le relève en particulier dans les scènes des deux enquêtrices chargées de l’affaire, qu’une nuit arrosée a précipitées dans le même lit. Thriller autant que road-movie, The End of offre de surcroît de très belles images de l’Angleterre côtière, auxquelles la réalisation parvient à donner des airs de grands espaces nord-américains, désolés et sublimes. Renaud Machart

The End of the F***ing World, série créée par Charlie Covell. Avec Alex Lawther, Jessica Barden, Gemma Whelan, Wunmi Mosaku, Steve Oram (GB, 2017, 8 × 20 min.) Sur Netflix.